Les agissements de banditisme qui se sont déroulés au Venezuela méritent une analyse approfondie. Il s’agit d’une affaire située dans "l’arrière-cour" des États-Unis. J’y reviendrai dans de prochains articles. Mais dans notre région immédiate, des développements tout aussi critiques sont en cours. Des événements qui nous obligent à écrire et à prendre position… Impossible de les ignorer. C’est donc d’abord de cela qu’il faut parler. La rencontre au sommet Trump-Netanyahu du 29 décembre revêt une
Les agissements de banditisme qui se sont déroulés au Venezuela méritent une analyse approfondie. Il s’agit d’une affaire située dans
des États-Unis. J’y reviendrai dans de prochains articles. Mais dans notre région immédiate, des développements tout aussi critiques sont en cours. Des événements qui nous obligent à écrire et à prendre position… Impossible de les ignorer. C’est donc d’abord de cela qu’il faut parler.
La rencontre au sommet Trump-Netanyahu du 29 décembre revêt une importance particulière. À travers cet entretien, les États-Unis ont souligné qu’aucun changement n’était à l’ordre du jour dans leur approche du Moyen-Orient. Hormis sur le dossier iranien, les divergences entre Washington et Tel-Aviv ont été largement confirmées. C’est précisément pour cette raison qu’Israël s’oriente vers de nouvelles initiatives provocatrices. Nous y reviendrons. M
ais examinons d’abord, une par une et avec des informations de coulisses, les questions abordées par Trump et Netanyahu lors de ce sommet.
Opération intéressante à la frontière syrienne
Concernant les relations Israël-Türkiye, Trump a affirmé que lui-même comme Netanyahu
"éprouvaient du respect pour le président Erdoğan"
. Il a répété qu’il était déterminé à vendre les avions F-35 à la Türkiye.
Sur le dossier syrien, Trump a clairement apporté son soutien à l’administration de al-Charaa. À sa demande, des responsables israéliens et syriens de haut niveau se réunissent à Paris afin de négocier un accord de sécurité aux frontières. Même si Israël appuie certaines factions druzes à Süveyda et continue de coopérer avec les forces du PKK/FDS, Ankara constate que Tel-Aviv se limite pour l’instant à observer les mesures prises par la Türkiye dans le cadre d’un accord de sécurité avec la Syrie.
Enfin, la Jordanie a récemment frappé les itinéraires de contrebande dans la région de Soueïda, ciblant ainsi les lignes logistiques des forces séparatistes. Selon ce qui se dit, "
la Jordanie n’aurait pas pu agir sans coordination avec les États-Unis"
. Cela constitue le troisième point.
Israël s’oppose à la présence de soldats turcs au sein de la Force internationale de stabilité. Il refuse également que la Türkiye participe au Conseil de Paix pour Gaza. D’après ce que j’entends, la Türkiye figurerait parmi les quatre pays garants signataires de l’accord conclu en Égypte, et ces quatre garants devraient naturellement faire partie du Conseil de Paix pour Gaza.
Il est aussi possible que certains États présents à la cérémonie de signature soient inclus dans ce conseil.
La presse israélienne affirme que Netanyahu a demandé à Trump d’exclure la Türkiye de cette instance. Je ne pense pas que Trump fera marche arrière. Quant à l’idée d’une participation turque à Gaza, le quotidien Maariv a annoncé la nouvelle sous le titre
"La Türkiye en route vers Gaza"
. Ankara n’a pas une approche consistant à dire
"je dois absolument être à Gaza".
Toutefois, si l’on prend en compte les réserves des autres pays, on comprend bien qu’une force de stabilité sans la Türkiye est irréalisable. Trump a besoin d’une présence turque pour faire avancer le processus dont il est garant.
Il apparaît qu’un compromis est recherché : même si l’armée turque ne se déploie pas directement à Gaza, elle pourrait assumer un rôle en Égypte ou en Jordanie dans le cadre de la coordination de l’aide humanitaire.
Cette option est évoquée comme une voie médiane.
Israël, en quête d’un chaos qu’il entretient seul
Je considère que, depuis l’entretien Trump-Netanyahu, les dossiers syrien et gazoui sont désormais étroitement liés.
Il est évident que la future rencontre Erdoğan-Trump
s’inscrit dans la continuité de ces discussions. Les conclusions qui se dessinent ne satisfont pas Israël. Mais quelles en seront les conséquences ?
, à l’image de l’Europe qui, après la guerre en Ukraine, s’est lancée dans de nouvelles recherches face à l’affaiblissement de la garantie américaine, Israël s’engage lui aussi dans une quête d’indépendance militaire et politique.
Tel-Aviv semble vouloir réduire progressivement sa dépendance vis-à-vis du parrainage des États-Unis
, notamment en matière de défense et de politique régionale. Les premiers signaux de cette orientation avaient déjà été perçus ces derniers mois.
Israël cherche à restructurer ses accords sécuritaires avec Washington autour d’un modèle de production conjointe, afin de gagner en autonomie.
, Israël est aujourd’hui tellement isolé qu’il tente de compenser en bâtissant de nouveaux partenariats. En Méditerranée orientale, son rapprochement avec l’administration chypriote grecque et avec la Grèce, dans une logique clairement anti-Türkiye, en est un exemple frappant.
Capacité israélienne limitée
, Israël essaie d’encourager des zones de tension et de chaos sans heurter frontalement les intérêts américains, espérant voir émerger de nouveaux acteurs qui accepteraient de travailler avec lui.
La reconnaissance du Somaliland
, les tentatives de fragmentation du Yémen ou son implication dans d’autres crises doivent être lues dans ce cadre.
, le fait que le prince héritier saoudien Selman ait récemment rejeté l’adhésion aux Accords d’Abraham en invoquant la nécessité d’un État palestinien a paralysé Israël. Les initiatives prises au Somaliland et au Yémen visent à la fois à punir l’Arabie saoudite et l’Égypte, qui ne souhaitent pas coopérer avec Israël sur Gaza, et à déranger la Türkiye.
On prétend qu’Israël aurait l’intention d’établir une base militaire au Somaliland.
Or une telle implantation exige une présence humaine importante et des coûts élevés de protection. La capacité d’Israël à supporter ce type d’engagement est très réduite. On parle même d’une base qui serait créée par Israël dans cette région, mais cela demande des ressources dont Tel-Aviv ne dispose pas réellement.
Vers un nouveau conflit au Yémen
, Israël menait jusqu’ici ses opérations au Soudan, en Somalie et au Yémen principalement par l’intermédiaire de sa force mandataire, les Émirats arabes unis. Il a d’abord reconnu le Somaliland. Puis il a accueilli secrètement à Tel-Aviv des membres du Conseil de transition sud-yéménite soutenu par les Émirats. Désormais, il s’implique directement.
Il faut également surveiller de près le dossier soudanais.
Les pas entrepris par Israël poussent l’Arabie saoudite et l’Égypte à approfondir le dialogue avec la Türkiye. Le président Erdoğan s’est d’ailleurs entretenu ces derniers jours avec le prince héritier Selman. On peut s’attendre à ce que ces trois pays développent des coopérations accrues dans le domaine de la défense.
La Türkiye défend résolument l’intégrité territoriale de la Somalie et du Yémen et continuera de le faire.
Alors qu’Israël et les Émirats cherchent à diviser le Yémen en trois entités, une opération militaire saoudienne d’ampleur dans ce pays devient inévitable dans les prochains jours.
Notons-le dès maintenant comme une réalité à venir.
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