
Les forces russes ont réalisé en 2025 en Ukraine leur plus forte progression territoriale depuis la première année de la guerre, à l’exception de 2022, selon une analyse menée par la presse française à partir des données de l’Institute for the Study of the War (ISW), en partenariat avec le Critical Threats Project.
Une progression russe inédite depuis 2022
Les chiffres incluent les zones considérées comme sous contrôle russe par Kiev et par des observateurs militaires, ainsi que des gains marginaux revendiqués par Moscou sans confirmation indépendante.
À titre de comparaison, en 2022, année marquée par le lancement de l’invasion à grande échelle, les forces russes avaient conquis près de 64.000 km².
Près d’un cinquième du territoire ukrainien sous contrôle russe
À la fin décembre, Moscou contrôlait totalement ou partiellement 19,4 % du territoire ukrainien. Environ 7 % de ce total, comprenant la Crimée et certaines zones du Donbass, étaient déjà sous contrôle russe avant février 2022.
Dans le même temps, l’Ukraine a repris 125 km² dans la région de Kharkiv et 55 km² dans celle de Dnipropetrovsk, deux zones pour lesquelles le plan américain prévoit un retrait russe. Ces reconquêtes constituent les plus importantes depuis juin 2023, lors de la vaste contre-offensive ukrainienne.
Un rythme de conquête contrasté selon les régions
En décembre, les forces russes ont conquis 244 km², enregistrant leur plus faible progression mensuelle depuis mars, tout en accélérant leur offensive dans le Donbass, région orientale qu’elles cherchent à annexer.
Les gains enregistrés depuis le printemps, notamment en novembre avec 701 km² supplémentaires, ont toutefois permis à la Russie de dépasser les avancées cumulées de 2024 (environ 4.000 km²) et de 2023 (environ 580 km²).
Les forces russes ont également progressé de 131 km² dans la région de Zaporijjia, dans le sud, où les bombardements se sont intensifiés ces derniers mois.
Combats persistants malgré les efforts diplomatiques
Cette progression intervient alors que les combats se poursuivent, malgré une intensification des efforts diplomatiques depuis novembre autour d’un plan américain visant à mettre fin au conflit.
Un projet en 20 points, négocié fin décembre entre Kiev et Washington, prévoit notamment le gel des lignes de front dans les régions méridionales de Zaporijia et Kherson, ainsi que dans celles de Donetsk et de Lougansk, dans l’est, qui forment le Donbass.
Déclarations politiques et recomposition à Kiev
Parallèlement, le chef de l’État ukrainien a annoncé la nomination du chef du renseignement militaire, Kyrylo Boudanov, à la tête de son administration, en remplacement d’Andriy Yermak, contraint de quitter son poste fin novembre à la suite d’un vaste scandale de corruption. Volodymyr Zelensky a justifié ce choix par la nécessité de renforcer la concentration de l’exécutif sur les questions de sécurité et le développement des forces de défense.
Nouvelle réunion de la "coalition des volontaires" à Paris
Sa tenue a été confirmée vendredi par l’Élysée. Ce rassemblement, coprésidé par la France et le Royaume-Uni, avait été annoncé ce lundi par le président français Emmanuel Macron. La précédente réunion, le 17 novembre, était centrée sur les garanties de sécurité à apporter à Kiev dans l’hypothèse d’un accord avec Moscou.
Tensions militaires persistantes et diplomatie régionale
Le président turc Recep Tayyip Erdogan a confirmé une prochaine discussion téléphonique avec le président américain, tandis que son ministre des Affaires étrangères, Hakan Fidan, est attendu le mardi 6 janvier dans la capitale française.
Membre de l’Otan, la Türkiye a accueilli à trois reprises en 2025 des pourparlers entre Kiev et Moscou qui, sans avancée politique majeure, ont néanmoins permis des échanges de prisonniers entre les deux camps.










