France / Pédocriminalité : un ancien instituteur catholique renvoyé devant la cour criminelle de la Gironde

La rédaction avec
09:519/01/2026, vendredi
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Les victimes étaient âgées de 10 à 11 ans au moment des faits.
Crédit Photo : KIRAN RIDLEY / AFP
Les victimes étaient âgées de 10 à 11 ans au moment des faits.

Un ancien instituteur de l’établissement privé catholique Saint-Genès-La Salle, à Bordeaux-Talence, sera jugé devant la cour criminelle de la Gironde pour des faits de viols et de violences sexuelles sur mineurs.

Gilles Delignac, âgé de 54 ans, est poursuivi pour des agressions commises sur des élèves entre 2008 et 2023. L’enquête judiciaire a permis d’identifier 36 victimes présumées, dont 17 pour des faits qualifiés de viols.


Ancien professeur de CM1 dans l’un des établissements les plus réputés de l’agglomération bordelaise, l’enseignant est actuellement en détention provisoire. Les juges d’instruction lui reprochent des viols commis entre 2008 et 2012, ainsi que des agressions sexuelles, des faits de voyeurisme et des atteintes à l’intimité de mineurs sur une période plus récente.
Les victimes étaient âgées de 10 à 11 ans au moment des faits.

Selon les éléments de l’enquête, les agressions auraient été perpétrées notamment pendant le sommeil des enfants ou à l’occasion d’un rituel appelé le
"jeu du goût"
, durant lequel les élèves avaient les yeux bandés sous prétexte d’une activité ludique. L’accusé aurait ainsi profité de la situation pour imposer des actes sexuels à l’insu des victimes.


Mise en examen en 2023


Dès 2011, une alerte avait pourtant été adressée à la direction de l’établissement par une mère de famille, signalant des comportements jugés inappropriés. Aucune sanction significative n’avait alors été prise ; l’intéressé avait juste reçu un rappel à l’ordre.

En novembre 2025, une plainte pour non-dénonciation de crime et non-obstacle à la commission d’une infraction a été déposée contre d’anciens responsables de l’établissement.


L’affaire éclate publiquement en juin 2023 après la mise en examen de l’enseignant, à la suite de la découverte de photographies à caractère sexuel impliquant des mineurs. Quelques jours plus tard, le directeur de l’établissement met fin à ses jours, laissant une lettre dans laquelle il exprime son sentiment de culpabilité.


Gilles Delignac reconnaît certaines agressions sexuelles mais conteste les accusations de viol. Les avocats des parties civiles estiment, de leur côté, que le dossier contient suffisamment d’éléments pour caractériser des faits criminels. L’établissement Saint-Genès s’est constitué partie civile et affirme se tenir aux côtés des victimes.


Ce dossier fait office de nouveau scandale de grande ampleur qui touche l'enseignement catholique, sans doute l’un des plus importants de ces dernières années avec l'affaire de Notre-Dame de Bétharram. Le dossier soulève aussi de nombreuses questions sur la prévention, les mécanismes de signalement et la protection des mineurs en milieu scolaire.


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