Yémen: Le gouverneur de l'Hadramaout qualifie de "limité" le retrait des troupes du CTS

La rédaction avec
10:242/01/2026, Cuma
AA
Un membre des forces de sécurité monte la garde à un poste de contrôle à Aden, où siège le gouvernement internationalement reconnu, le 31 décembre 2025.
Crédit Photo : SALEH AL-OBEIDI / AFP
Un membre des forces de sécurité monte la garde à un poste de contrôle à Aden, où siège le gouvernement internationalement reconnu, le 31 décembre 2025.

Le gouverneur de l’Hadramaout, Salem al-Khanbashi, a estimé que la réponse du Conseil de transition du Sud (CTS) aux demandes du gouvernement visant le retrait de ses forces de cette province orientale du Yémen demeurait "limitée".

Lors d’un entretien diffusé mercredi sur la chaîne Al Jazeera, il a indiqué que des forces du CTS s’étaient retirées de certaines zones de l’est du Wadi Hadramaout, de l’aéroport d’Al-Mukalla et du secteur de Dhabba.


Il a toutefois souligné que d’importants contingents du CTS restaient déployés dans le Wadi Hadramaout et dans la ville de Chibam.


Affilié au gouvernement yéménite reconnu internationalement, le gouverneur a appelé le CTS à retirer l’ensemble de ses forces de la province et à revenir à leurs positions antérieures, affirmant vouloir éviter toute escalade et toute effusion de sang.

Le ministre de l’Information, Moammar al-Eryani, a confirmé des retraits partiels du CTS dans l’Hadramaout, sans en préciser l’ampleur.


Intervenant sur la chaîne publique Yemen TV, Eryani a mis en garde contre la poursuite de la mobilisation militaire dans la région, assurant que l’État gérait la situation de manière responsable, en coordination avec la coalition arabe soutenant le gouvernement légitime, afin de garantir la sécurité et prévenir toute détérioration de la situation.


Il a également souligné que l’appel du gouvernement au retrait des forces du CTS bénéficiait d’un appui régional et international.


Les tensions se sont accrues dans le sud du Yémen le mois dernier, après la prise de contrôle par les forces du CTS des provinces de l’Hadramaout et d’Al-Mahra, à la suite d’affrontements avec les forces gouvernementales.


Ces deux gouvernorats représentent à eux seuls près de la moitié du territoire yéménite.


Le CTS évoque un redéploiement


De son côté, le porte-parole du CTS, Mohammed al-Naqib, a affirmé mercredi que les forces du conseil procédaient à un redéploiement dans la province, en coordination avec la coalition arabe dirigée par l’Arabie saoudite.


Il a précisé que la première brigade des forces du « Bouclier de la Nation » avait été repositionnée dans la zone de Thamoud, tandis que d’autres unités devaient être redéployées vers Ramah et d’autres secteurs de l’Hadramaout et d’Al-Mahra, tous situés à proximité de la frontière saoudienne.


Selon lui, ces mouvements s’inscrivent dans les directives du président du CTS, Aidarous al-Zoubaidi, et visent à renforcer la sécurité, la stabilité et l’unité du sud, en particulier dans les provinces de l’Hadramaout et d’Al-Mahra. Il a ajouté que l’opération avait pour objectifs de couper les routes de contrebande d’armes vers les milices houthies, de lutter contre les groupes terroristes et de mettre fin à l’exploitation illégale des ressources de l’Hadramaout.


Tensions diplomatiques régionales


Ce redéploiement intervient dans un contexte de fortes tensions diplomatiques entre l’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis, survenues après une frappe aérienne de la coalition arabe visant deux navires au port de Mukalla.


Dans la foulée, le Conseil présidentiel yéménite a annoncé l’annulation de l’accord de défense conjointe avec les EAU et ordonné le départ de toutes les forces émiraties du pays sous 24 heures.


Le ministère saoudien des Affaires étrangères a accusé Abou Dhabi d’encourager le CTS à mener des opérations militaires le long de la frontière sud du royaume, notamment dans l’Hadramaout et Al-Mahra.


Les Émirats ont rejeté ces accusations, les qualifiant d’"infondées", et réaffirmé leur engagement en faveur de la sécurité de l’Arabie saoudite. Le ministère émirati de la Défense a par la suite indiqué avoir achevé la mission de ses dernières équipes antiterroristes au Yémen, rappelant que sa présence militaire avait officiellement pris fin en 2019.


Le CTS affirme de longue date que les régions du sud ont été marginalisées sur les plans politique et économique par les gouvernements successifs et plaide pour leur séparation du nord, une position rejetée par les autorités yéménites, qui défendent l’unité territoriale du pays.


A lire également:





#CTS
#Hadramaut
#Yémen