
Dès les premières lueurs du jour, plus de 520 000 personnes se sont rassemblées sur le pont Galata, à Istanbul, pour affirmer leur solidarité avec le peuple palestinien. Pour la troisième année consécutive, ce premier jour de l’année s’est transformé en démonstration de force populaire contre la guerre, le silence international et l’impunité.
"Nous ne cédons pas, nous ne nous taisons pas, nous n’oublions pas"
À l’appel de la Fondation de la Jeunesse de Turquie (TÜGVA), aux côtés de nombreuses ONG, partis politiques, clubs sportifs et médias, la mobilisation s’est tenue sous un slogan sans équivoque :
Après la prière de l’aube célébrée dans plusieurs mosquées emblématiques d’Istanbul — Sainte-Sophie, Sultanahmet, Süleymaniye, Fatih et la Nouvelle Mosquée d’Eminönü — des cortèges ont convergé vers le pont Galata, devenu pour quelques heures une véritable tribune de la conscience collective.
Un pont transformé en symbole de solidarité
Drapeaux palestiniens et turcs, banderoles appelant à la justice pour Gaza, slogans scandés à l’unisson : le pont Galata s’est mué en symbole de résistance civile.
Des navires décorés aux couleurs de la Palestine ont fait retentir leurs sirènes, tandis qu’un immense keffieh était suspendu à la tour de Galata pour attirer l’attention sur le génocide en cours à Gaza.
Les manifestants ont dénoncé les bombardements continus, le blocus de l’aide humanitaire et l’interdiction de 39 ONG, dont Médecins Sans Frontières, malgré l’existence officielle d’un cessez-le-feu.
Ce n’est pas un territoire qui est effacé, c’est un peuple
Prenant la parole, le président de TÜGVA, İbrahim Beşinci, a dressé un bilan accablant :
des dizaines de milliers de civils tués, des familles entières rayées de l’état civil, des milliers de blessés et de détenus.
Il a dénoncé l’inaction de la communauté internationale et l’échec des institutions censées garantir le droit international et les droits humains.
Une exigence claire : sanctions et fin du génocide
Au-delà de la solidarité, les manifestants ont porté une revendication politique explicite :
des sanctions immédiates contre Israël et la fin du génocide à Gaza.
Alors que de nombreuses capitales célèbrent la nouvelle année dans l’indifférence, Istanbul a envoyé un message sans ambiguïté : la Palestine n’est pas seule, et le silence ne sera plus accepté.






