
La France est restée championne européenne de l'attractivité des investissements étrangers en 2025, pour la septième année consécutive, mais sa position est fragilisée par la concurrence accrue d'autres pays et le manque de visibilité politique, selon le cabinet de conseil EY.
Le baromètre de l'attractivité de la France est publié mercredi à une dizaine de jours du sommet Choose France, grand-messe organisée le 1er juin par l'Elysée au château de Versailles pour annoncer en grande pompe de nouveaux investissements étrangers.
Le recul du nombre de projets en France est toutefois plus marqué: -17% par rapport à 2024, contre respectivement -14% et -10% chez ses principaux concurrents, et -7% à travers l'Europe.
L'Elysée s'est félicité de ce maintien en haut du podium, y voyant le fruit de la politique de l'offre et des réformes fiscales et du marché du travail engagées par le président Emmanuel Macron.
Année "très compliquée"
Le baromètre se focalise sur le nombre de décisions d'investissements annoncées et pas sur les montants investis ni les projets effectivement réalisés.
En revanche, l'industrie a souffert, notablement l'automobile, la chimie et la métallurgie. Le nombre de sites implantés ou agrandis a reculé de 15% à 354.
Deuxième pour l'emploi
Les 200 investisseurs interrogés par EY du 13 février au 13 mars, à cheval sur le début de la guerre au Moyen-Orient, apprécient la taille du marché français, sa capacité d'innovation, son énergie décarbonée, ses infrastructures et sa main-d'oeuvre.
Cependant, des handicaps sont mentionnés: les conditions économiques, la stabilité politique, la compétitivité fiscale, le coût de la main d'oeuvre et celui de l'énergie.
En termes d'emploi créés par les projets, la France s'est hissée en 2025 de la troisième à la deuxième place (27.921), talonnant le Royaume-Uni (28.867).
Dans l'industrie, les emplois nouveaux ont reculé de 10% à 11.109 (contre -21% en Europe). Mais en tenant compte des destructions d'emplois, seuls 1.376 emplois nets y ont été créés, un plongeon de 66%.
En 2026, 57% des investisseurs pensent investir en France (-5 points). 78% n'envisagent un retour à une situation politique et économique normale que dans deux ou trois ans.











