
Emmanuel Macron entame le mardi 17 février une visite d’État de trois jours en Inde, axée sur la défense, l’intelligence artificielle et le renforcement du partenariat stratégique avec New Delhi, sur fond de recomposition des équilibres internationaux.
Cette quatrième visite officielle en Inde depuis 2018 s’inscrit dans la stratégie française pour l’Indopacifique, région que Paris considère comme prioritaire.
Le chef de l’État est accompagné d’une délégation d’environ trente dirigeants d’entreprise issus notamment des secteurs de l’énergie, de la défense, des transports, du maritime et des technologies.
Volet technologique: axe majeur
Le volet technologique constitue l’un des axes majeurs du déplacement. Emmanuel Macron doit participer au Sommet mondial sur l’impact de l’intelligence artificielle organisé à New Delhi, dans la continuité de la rencontre tenue à Paris en 2025.
La manifestation, qui réunira des chefs d’État, des ministres, des responsables du secteur technologique et des chercheurs, vise à définir une feuille de route commune pour la gouvernance mondiale de l’intelligence artificielle.
La question ukrainienne
Au plan diplomatique, les discussions devraient également porter sur la situation internationale, notamment le conflit en Ukraine. L’Inde s’est jusqu’à présent refusée à condamner Moscou et a poursuivi ses importations de pétrole russe malgré les sanctions occidentales.
Paris indique rappeler à New Delhi l’importance d’un cessez-le-feu et de la fin des frappes contre les infrastructures civiles.
L’Inde demeure par ailleurs un partenaire historique de la Russie sur le plan militaire, une part significative de son arsenal étant d’origine russe.
Les autorités françaises soulignent toutefois la volonté commune de promouvoir une autonomie stratégique et un ordre international fondé sur le multilatéralisme.
"Sud global"
Le déplacement intervient alors que la France doit assurer la présidence du Groupe des Sept en 2026, tandis que l’Inde préside cette année les BRICS, regroupant plusieurs puissances émergentes.
Paris ambitionne de renforcer le dialogue entre pays occidentaux et pays du "Sud global", dont New Delhi se présente comme un acteur central.
L’ensemble de la journée de jeudi sera consacré au sommet sur l’intelligence artificielle, qui pourrait déboucher sur un engagement commun non contraignant en matière de régulation et de coopération internationale.











