Un ministre israélien extrémiste aurait "piétiné la tête de prisonniers" lors d’un raid à la prison d’Ofer, selon une ONG de défense des droits humains

La rédaction avec
17:4216/02/2026, Pazartesi
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Le ministre israélien d'extrême droite Itamar Ben Gvir participe à un rassemblement d'activistes de droite près de la frontière avec Gaza le 21 octobre 2024.
Crédit Photo : Menahem KAHANA / AFP
Le ministre israélien d'extrême droite Itamar Ben Gvir participe à un rassemblement d'activistes de droite près de la frontière avec Gaza le 21 octobre 2024.

Le ministre israélien de la Sécurité nationale d’extrême droite, Itamar Ben-Gvir, aurait "marché sur la tête de prisonniers" lors d’une descente à la prison d’Ofer, en Cisjordanie occupée, vendredi dernier, a dénoncé lundi une organisation palestinienne de défense des droits humains.

Des vidéos diffusées sur les réseaux sociaux montrent des forces israéliennes menant un raid dans une section de la prison d’Ofer, près de Ramallah, pour réprimer des détenus, en présence de Ben-Gvir et sous couverture de médias israéliens.

Dans un communiqué, la Palestinian Prisoner Society a indiqué que l’opération visait la "section 26" et s’est déroulée lors du décompte du soir, également appelé "inspection de sécurité". L’intervention, d’une durée d’environ quinze minutes, a impliqué des chiens policiers et des grenades assourdissantes, avec une importante présence médiatique.

Selon l’organisation, Ben-Gvir est resté environ une heure dans la section concernée et a tenu des propos jugés provocateurs et dégradants à l’encontre des prisonniers palestiniens. Elle affirme qu’il a exigé la publication de vidéos montrant la répression des détenus, accompagnées de slogans promotionnels liés à un projet de loi visant à instaurer la peine de mort pour les prisonniers palestiniens.

En novembre 2025, la Knesset a adopté en première lecture un texte proposé par Ben-Gvir prévoyant la peine capitale pour les Palestiniens accusés d’avoir tué des Israéliens. Le projet doit encore être approuvé lors de deuxième et troisième lectures pour entrer en vigueur, sans calendrier fixé à ce stade.

L’organisation affirme que Ben-Gvir cherche à
"se vanter de crimes continus commis dans les prisons et les camps"
, devenus selon elle
"l’un des principaux théâtres du crime de génocide"
, ayant entraîné la mort de plus de 100 prisonniers et détenus, dont 88 ont été officiellement identifiés. Elle souligne toutefois que les images publiées
"ne représentent qu’une infime partie de la torture systématique infligée aux prisonniers".

Des témoignages recueillis par un avocat de l’organisation font état de plusieurs cas où Ben-Gvir aurait piétiné la tête de détenus tout en filmant leur humiliation, leur torture et leurs mauvais traitements. Les prisonniers rapportent également que les gardiens les ont forcés à garder la tête et le visage plaqués au sol lors des opérations de répression, dans le but de les humilier, d’atteindre leur dignité et de les torturer physiquement.

Depuis le début de la guerre menée par Israël contre Gaza en 2023, le système pénitentiaire israélien aurait, selon l’organisation, intensifié la diffusion d’images et de vidéos documentant les abus contre les détenus.

Ces contenus sont décrits comme une tentative continue de briser la volonté des prisonniers palestiniens et d’intimider leurs familles, dans une logique de surenchère de brutalité visant à gagner un soutien accru au sein de la société israélienne, en violation des normes et lois humanitaires.

L’organisation appelle à une intervention urgente pour mettre fin aux crimes en cours dans les prisons et permettre aux organisations internationales de rendre visite aux détenus. Elle réclame également le rétablissement des visites familiales et l’imposition de sanctions contre les autorités d’occupation et leurs dirigeants afin de mettre fin à l’impunité.

Ben-Gvir a déjà diffusé par le passé des vidéos jugées offensantes envers des détenus palestiniens et les a menacés de mort, notamment dans des déclarations visant Marwan Barghouti, figure emprisonnée du mouvement Fatah.

Depuis son entrée en fonction fin 2022, les conditions de détention des prisonniers palestiniens se sont fortement dégradées, avec notamment des pertes de poids importantes liées à des politiques punitives.

Plus de 9 300 Palestiniens sont actuellement détenus dans les prisons israéliennes, dont environ 350 enfants. Ils feraient face à la torture, à la faim et à des négligences médicales ayant causé des dizaines de décès, selon des organisations palestiniennes et israéliennes de défense des droits humains.

Israël a durci ses mesures contre les détenus palestiniens depuis le lancement de sa guerre à Gaza en 2023, conflit qui aurait fait plus de 72 000 morts et plus de 171 000 blessés, majoritairement des femmes et des enfants.


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