
À l’approche du Ramadan 2026, Carrefour et E.Leclerc déploient en France des opérations commerciales destinées aux consommateurs musulmans. Cette stratégie intervient dans un contexte de tensions liées à la campagne internationale BDS visant Carrefour pour ses activités en Israël et en Cisjordanie occupée. L’enseigne est accusée de complicité avec l’occupation israélienne et d’avoir fourni des colis alimentaires à des soldats engagés à Gaza. E.Leclerc fait également l’objet d’actions de sensibilisation concernant la vente de produits israéliens.
Grande distribution et Ramadan: une stratégie commerciale sous tension
À l’approche du Ramadan 2026, les enseignes de grande distribution Carrefour et E.Leclerc ont lancé en France des opérations commerciales dédiées aux consommateurs musulmans. Ces campagnes marketing visent à capter la clientèle durant le mois de jeûne, période stratégique pour la consommation alimentaire.
Les catalogues promotionnels mettent en avant des produits halal, des dattes, des viandes spécifiques et des produits orientaux. Cette stratégie commerciale s’inscrit dans une logique saisonnière bien rodée, alors que le Ramadan représente un pic d’achats pour de nombreux foyers musulmans en France.
Cependant, ces initiatives interviennent dans un contexte politique et médiatique sensible, marqué par des campagnes de boycott visant certaines enseignes de la grande distribution.
Carrefour visé par la campagne BDS
Le groupe Carrefour reste au cœur d’une campagne internationale de boycott portée par le mouvement BDS.
Les militants accusent l’enseigne de complicité avec l’occupation israélienne à travers un partenariat de franchise avec des sociétés opérant dans des colonies situées en Cisjordanie occupée. Ces colonies sont considérées comme illégales au regard du droit international par la Cour internationale de Justice.
Par ailleurs, la filiale israélienne de Carrefour a fourni des colis alimentaires à des soldats engagés dans les opérations militaires à Gaza depuis octobre 2023. Cette initiative a renforcé les appels au boycott dans plusieurs pays, notamment en Europe et dans le monde arabe.
Dans ce contexte, les campagnes promotionnelles liées au Ramadan suscitent des réactions contrastées sur les réseaux sociaux, certains dénonçant une stratégie jugée opportuniste.
E.Leclerc également ciblé pour la vente de produits israéliens
De son côté, E.Leclerc fait l’objet d’actions de sensibilisation plus ponctuelles. Des collectifs dénoncent la commercialisation de produits israéliens, dont certains proviendraient de territoires palestiniens occupés.
Si l’enseigne ne fait pas face à une campagne structurée comparable à celle visant Carrefour, des appels à la vigilance circulent régulièrement, notamment à l’approche des périodes de forte consommation comme le Ramadan.
Un enjeu économique majeur
Le Ramadan constitue un moment clé pour la grande distribution en France. Selon plusieurs études sectorielles, les dépenses alimentaires des ménages musulmans augmentent significativement durant cette période.
Les enseignes adaptent donc leurs stratégies marketing pour répondre à cette demande spécifique. Toutefois, dans un contexte marqué par la guerre à Gaza et les mobilisations internationales, ces opérations commerciales s’inscrivent désormais dans un environnement fortement politisé.
La tension entre logique économique et enjeux éthiques pourrait continuer à alimenter le débat public à l’approche du Ramadan 2026.









