
Les fortes pluies en Côte d'Ivoire ont entraîné une récolte de cacao très faible, avec des volumes trois à quatre fois inférieurs à l'année précédente, suscitant des inquiétudes parmi les agriculteurs alors que les prix mondiaux du cacao atteignent des niveaux records.
En cette chaude matinée de novembre, de rares camions arrivent des plantations pour déposer quelques dizaines de sacs de fèves de cacao à la coopérative Scapen, du village d'Hermankono, près de Divo. M. Sylla, président d'une coopérative qui regroupe près de 1.500 planteurs déclare:
Il a trop plu cette année! D'habitude à cette période, les camions font la queue pour décharger! Là, on a à peine 200 sacs alors qu'on peut en stocker dix fois plus.
Il s'attend à une récolte trois à quatre fois moins importante que l'an dernier.
Dans les champs de cacao, le constat se vérifie. Au bord d'une piste où seules les motos peuvent se faufiler, Bamoussa Coulibaly récolte quelques rares cabosses jaune-rouge sur les nombreux cacaoyers.
Et parmi les cabosses qui ont résisté, certaines ont pourri, là encore, à cause de l'humidité trop importante.
Hausse de 20 à 40% des pluies
Or, le cacao a besoin d'une subtile alternance entre ensoleillement et précipitations pour s'épanouir pleinement.
À quelques kilomètres d'Hermanokono, dans la brousse proche de N'Douci, Monique Koffi Amenan patauge dans un champ marécageux, vestige des précipitations inhabituelles qui ont fait déborder pendant plusieurs semaines le cours d'eau voisin.
Prix records
Premier producteur, la Côte d'Ivoire fournit environ 40% du cacao mondial. Dès juillet, anticipant une mauvaise année, elle a suspendu la vente des contrats d'exportation.
Résultat: les prix du cacao battent des records sur les marchés financiers.
Après les pluies, la situation pourrait rester critique, puisque la résurgence du phénomène climatique El Nino fait craindre des périodes de sécheresse prolongée en Afrique de l'ouest. L'économiste ivoirien Séraphin Prao déclare:
C'est une preuve que le dérèglement climatique frappe davantage les pays en développement.
Mais en attendant une éventuelle répétition du phénomène la saison prochaine, les producteurs s'inquiètent pour leurs finances à court terme.
Selon la Banque mondiale, le cacao fournit un revenu à un cinquième de la population ivoirienne.









