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COP28: Macron se rend à Dubaï et au Qatar, entre climat et conflit Israël-Hamas

Emmanuel Macron s'est envolé jeudi pour la COP28 sur le climat à Dubaï, où il doit pousser une initiative contre le charbon. Il devrait aussi multiplier les entretiens sur le conflit au Proche-Orient, avant une étape samedi au Qatar, médiateur pour la libération des prisonniers.

16:42 - 30/11/2023 jeudi
MAJ: 17:36 - 30/11/2023 jeudi
AFP
Le président français Emmanuel Macron. Crédit photo: DAMIEN MEYER / AFP
Le président français Emmanuel Macron. Crédit photo: DAMIEN MEYER / AFP

L'Elysée a annoncé jeudi, peu avant son départ pour les Emirats arabes unis où est organisé le sommet de l'ONU contre le réchauffement climatique, que le président français irait samedi, dans la foulée, au Qatar voisin, pour rencontrer l'émir de ce pays qui joue un rôle-clé dans la libération d'otages retenus par le mouvement islamiste palestinien Hamas depuis son attaque contre Israël du 7 octobre.


En marge de la COP28, il devrait également avoir des entretiens avec plusieurs dirigeants de la région en lien avec le conflit au Proche-Orient, dont son homologue égyptien Abdel Fattah al-Sissi, celui des Emirats Mohammed ben Zayed al-Nahyane, le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane, ou encore le président israélien Isaac Herzog.

Le président français veut insister sur la libération de tous les otages, alors que cinq Français demeurent considérés comme tels ou portés disparus depuis le 7 octobre, mais aussi pour une prolongation de la trêve négociée à Gaza en vue d'un cessez-le-feu plus durable.


Il espère également évoquer avec ses interlocuteurs la nécessité de travailler dès maintenant à remettre sur les rails la solution à deux Etats, israélien et palestinien.

A la COP28, le chef de l'Etat doit par ailleurs porter une initiative pour pousser les pays émergents à abandonner au plus vite le charbon, désigné par Paris comme l'ennemi numéro un dans la lutte contre les émissions de gaz à effet de serre responsables du réchauffement climatique.


L'idée française est d'accompagner ces pays dans leur
"transition juste"
, en augmentant massivement les investissements dans les énergies propres, que ce soit du renouvelable ou du nucléaire, mais aussi en facilitant la conversion des centrales à charbon existantes.

"Négociations ardues"


La France s'attend à des
"négociations ardues"
sur la question épineuse des énergies fossiles, dont l'utilisation est identifiée comme première responsable du changement climatique, avait-on prévenu ces derniers jours dans l'entourage présidentiel.

"La difficulté que nous aurons sera de faire une démonstration d'engagement collectif et de capacité à surmonter les divisions habituelles entre le Nord et le Sud, ou les pays aspirant à un développement plus rapide et ceux qui ont déjà réalisé leur développement"
, explique-t-on à l'Elysée.

"Le contexte géopolitique n'aide pas"
non plus, soulignait un conseiller avant l'ouverture de cette COP à l'affluence inédite, sur fond de guerre en Ukraine ainsi qu'entre Israël et le Hamas.

Paris s'attend à ce que des pays producteurs d'hydrocarbures promeuvent les technologies de capture et de séquestration du carbone.

Celles-ci représentent
"une variable"
mais
"pas la solution aux besoins de transition énergétique"
, juge l’Élysée.
"Il ne faut pas se laisser divertir"
dans l’objectif de baisse des émissions.

La France portera plusieurs objectifs à la COP: le triplement des capacités renouvelables dans le monde d'ici 2030, le triplement des capacités nucléaires d'ici 2050, accélérer la fin des financements privés pour des centrales à charbon, préserver les puits de carbone et démontrer le lien entre lutte contre pauvreté et engagements climatiques ou de biodiversité.


L'agenda d'Emmanuel Macron s'articulera donc autour de ces thèmes, avec notamment un événement sur le nucléaire civil et l'autre sur la sortie du charbon.


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