Abaya et Hanouka: Palomba dénonce l'hypocrisie

David Bizet
14:202/01/2026, Cuma
Yeni Şafak

Dans un entretien exclusif accordé à Nouvelle Aube, la journaliste Myriam Palomba dénonce une hypocrisie politique manifeste. Elle pointe du doigt la contradiction entre l'interdiction de l'abaya dans les établissements scolaires, défendue par Gabriel Attal au nom de la laïcité, et la célébration simultanée de Hanouka à l'Élysée par Emmanuel Macron. Pour Palomba, cette double posture représente une provocation délibérée visant à diviser les citoyens. Elle estime comprendre l'indignation des musulmans face à cette application sélective du principe de laïcité dans l'espace public français.

Dans un entretien exclusif accordé à Nouvelle Aube, la journaliste Myriam Palomba livre une analyse sans concession de la politique française en matière de laïcité. Ses propos, directs et tranchants, mettent en lumière ce qu'elle considère comme une hypocrisie d'État manifeste.


Une contradiction flagrante dénoncée


"Tous ces discours ne sont là que pour nous monter les uns contre les autres"
, affirme d'emblée Myriam Palomba. La journaliste pointe du doigt un paradoxe qu'elle juge insoutenable : l'interdiction de l'abaya dans les établissements scolaires français, mesure phare défendue par Gabriel Attal lorsqu'il était Premier ministre, face à la célébration simultanée de la fête juive de Hanouka au palais de l'Élysée.

Pour Palomba, cette double posture ne relève pas du hasard.
"On a eu le Premier ministre de l'époque, Gabriel Attal, qui nous fait tout un truc en disant on interdit l'abaya à l'école, et cetera, et cetera. Espace public, laïcité, tutti quanti. Et en même temps, on a Emmanuel Macron qui fait Hanouka à l'Élysée"
, déclare-t-elle avec véhémence.

"Une provocation"


La journaliste ne mâche pas ses mots:
"Excusez-moi si c'est pas une provocation, je ne sais pas ce que c'est."
Selon son analyse, cette contradiction apparente dans l'application du principe de laïcité révèle une stratégie politique plus profonde.
"Pour moi c'est en fait c'est une volonté de monter les gens les uns contre les autres"
, explique-t-elle.

Myriam Palomba souligne la légitimité du sentiment d'indignation ressenti par une partie de la communauté musulmane française.
"Je comprends totalement des musulmans qui vont s'outrer qu'on leur interdise de porter l'abaya au nom de la laïcité, mais qui d'un autre côté, voient Emmanuel Macron recevoir le CRIF et les rabbins pour fêter Hanouka à l'Élysée."

La laïcité à géométrie variable


Cette prise de position intervient dans un contexte où les débats sur la laïcité et les signes religieux divisent profondément la société française. L'interdiction de l'abaya, vêtement long porté par certaines femmes musulmanes, avait suscité de vives controverses lors de la rentrée scolaire, au nom du respect de la neutralité religieuse dans l'espace scolaire public.


Parallèlement, la réception annuelle organisée à l'Élysée pour célébrer Hanouka, en présence du Conseil représentatif des institutions juives de France (CRIF) et de représentants religieux, interroge sur l'application uniforme du principe de séparation entre l'État et les religions.


Un débat qui divise


Les propos de Myriam Palomba alimentent une réflexion plus large sur la cohérence de la politique française en matière de laïcité. Entre stricte application dans l'espace scolaire et réceptions officielles à caractère religieux dans les lieux de pouvoir, la ligne de démarcation apparaît floue pour de nombreux observateurs. Elle semble ne cibler que les musulmans


Cette interview exclusive témoigne d'un malaise persistant dans le débat public français autour de la question religieuse et de son articulation avec les valeurs républicaines.


La parole libre de la journaliste résonne comme un appel à la cohérence et à l'égalité de traitement de toutes les confessions dans l'application des principes laïcs.


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