France : LFI dépose un recours au Conseil d’État contre son classement à l’"extrême gauche"

La rédaction avec
10:0017/02/2026, mardi
MAJ: 17/02/2026, mardi
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La France Insoumise - Députée du Nouveau Front Populaire Aurélie Trouvé, présidente du groupe parlementaire La France Insoumise - Nouveau Front Populaire Mathilde Panot, députée La France Insoumise - Nouveau Front Populaire Sandrine Nosbé, La France Insoumise - Nouveau Front Populaire, Claire Lejeune, participent à une manifestation pour l'agriculture, l'environnement et la santé, contre la loi Duplomb, à l'initiative de dizaines d'ONG et d'organisations paysannes, devant l'Assemblée nationale à Paris, le 11 février 2026.
Crédit Photo : GUILLAUME BAPTISTE / AFP
La France Insoumise - Députée du Nouveau Front Populaire Aurélie Trouvé, présidente du groupe parlementaire La France Insoumise - Nouveau Front Populaire Mathilde Panot, députée La France Insoumise - Nouveau Front Populaire Sandrine Nosbé, La France Insoumise - Nouveau Front Populaire, Claire Lejeune, participent à une manifestation pour l'agriculture, l'environnement et la santé, contre la loi Duplomb, à l'initiative de dizaines d'ONG et d'organisations paysannes, devant l'Assemblée nationale à Paris, le 11 février 2026.

La présidente du groupe La France insoumise (LFI) à l'Assemblée nationale, Mathilde Panot, a annoncé lundi le dépôt d'un recours devant le Conseil d'État pour contester le classement de son mouvement à l'"extrême gauche" par le ministère de l'Intérieur.

S'exprimant lors d'un débat sur la chaîne LCP et via son compte sur le réseau social américain X, la députée du Val-de-Marne a précisé que cette procédure vise spécifiquement la décision du ministre de l'Intérieur, Laurent Nuñez, de classifier LFI dans ce bloc politique.
"Ce recours vise à contester notre classement à l'extrême gauche"
, a-t-elle déclaré, rappelant que lors des précédents scrutins, le mouvement était rattaché au bloc
"gauche"
.

Divergence stratégique

Pour justifier cette démarche, Mathilde Panot a mis en avant un
"différend stratégique"
avec les formations historiques de l'extrême gauche. Elle souligne que LFI a choisi de
"rentrer dans les institutions"
et de mener la
"révolution par les urnes"
, contrairement à d'autres organisations.
La députée a également dénoncé ce qu'elle présente comme les arguments juridiques du ministère. Elle cite notamment les appels à la censure du gouvernement ou le fait de présenter des listes contre des mairies socialistes, qualifiant ces motifs de
"risibles"
et de
"forts de café"
.
Elle a par ailleurs plaidé pour qu'une
"autorité indépendante"
se charge de cette classification en lieu et place du ministère de l'Intérieur.

Soutien de l'Élysée à la classification

Ce recours intervient alors que le président français Emmanuel Macron a apporté, dimanche sur les ondes de Radio J, son soutien à cette nouvelle classification administrative. Le chef de l'État a estimé que
"La France insoumise est à l'extrême gauche"
, affirmant que le mouvement contrevient à des
"valeurs de la République"
, citant notamment ses prises de position sur l'antisémitisme.
"Il n’y a pas tellement de mystère. La France insoumise est à l’extrême gauche"
, a déclaré Emmanuel Macron.
"Quand des Français élisent des parlementaires et mettent des gens dans les institutions, on ne peut pas les exclure. Mais je constate que, dans les positions qu’ils prennent, en particulier sur l’antisémitisme, ils contreviennent à des principes fondamentaux de la République, à des valeurs de la République"
, a-t-il poursuivi.
Ces accusations ont été fermement rejetées par le coordinateur de LFI, Manuel Bompard, qui a souligné qu'il n'appartient pas au président de la République
"de classer ses opposants politiques"
. Bompard a souligné qu'
"aucun militant de La France insoumise n'a jamais été condamné pour antisémitisme"
.

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